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Posté le 18 Octobre 2006 | Imprimer cet article | Envoyer à un ami
11 élèves handicapés sont scolariséssans l’accompagnement spécifique promis

  L’Education nationale refuse à Seaska et aux écoles confessionnelles les postes d’auxiliaires pourtant validés

Les moyens ne suivent pas toujours les volontés politiques affichées. Même lorsqu’il s’agit d’une loi aussi vantée et médiatisée que celle de février 2005 pour "l’égalité des droits et des chances, la participation à la citoyenneté des personnes handicapées". Les associations ont dénoncé lundi les couacs de sa mise en place en matière scolaire pour cette rentrée 2006. Ainsi, depuis un mois, ce sont 11 élèves qui sont scolarisés sans accompagnement spécifique soit dans une ikastola, soit dans un établissement de l’enseignement catholique. Contrairement à ce qui avait été acté par la toute nouvelle Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées (CDA) née de la fusion des anciennes Cotorep (pour adultes) et CDES (pour enfants).

Patrice Lagisquet, président de l’association Chrysalide, a salué une loi qui évoque le droit à compensation, qui parle de scolarisation et non plus d’intégration des enfants handicapés, et du projet individuel qui doit être construit pour chaque élève. Sauf que "l’Education nationale et la MDPH [Maison départementale de la personne handicapée, sorte de guichet social unique pour handicapés] n’ont pas intégré les nouvelles dispositions" tempête l’entraîneur du Biarritz Olympique.

Les écoles publiques ne sont pas forcément mieux loties. Certes aucun élève scolarisé ne se retrouve sans suivi particulier. Sauf que ce ne sont pas des AVS (Auxiliaires de vie scolaire), mais des EVS (Emplois vie scolaire) qui ont été recrutés par les chefs d’établissements. La semaine dernière ce sont 40 d’entre eux qui ont été embauchés dans le département. "Jusqu’au mois de juin" précise Patrice Lagisquet, qui met en avant le statut précaire de ces personnels. "C’est une rétrogradation." D’autant que les écoles sous contrat avec l’Education nationale n’ont pas le droit à de tels recrutements.

L’Inspection d’académie a indiqué que le nombre d’AVS était bloqué. Ceux dont disposaient Seaska et l’enseignement catholique ont été reconduits. En revanche, les besoins de 9 postes d’AVS pour les écoles confessionnelles et 2 autres pour Seaska reconnus par la CDA n’ont pas été octroyés.

"La situation est préoccupante" pour Anne-Marie Hiriart, de la direction diocésaine de l’enseignement qui souligne les contradictions avec la loi de février 2005. "Il ne s’agit pas ici de réclamer des moyens pour l’école, mais juste de défendre les droits des élèves en situation de handicap scolarisés dans nos établissements".

Ladix Lanougère Arrosagarai d’Integrazio Batzordea ne dit pas autre chose. Il ajoute qu’en sus des 2 postes d’AVS, une autre demande est en cours d’étude en CDA, et que trois autres demandes vont probablement émerger en cours d’années. A ce jour, Seaska scolarise 11 enfants en situation de handicap, avec en sus des postes AVS, trois postes de Monitrices éducatrices qui sont à la charge de Seaska. Soit pour cette année, un budget de 75000€ (contre 45000€ l’an dernier).



"Le sentiment d’avoir menti à l’enfant"
Cela peut s’alourdir d’une culpabilité parentale. "On a le sentiment d’avoir menti, d’avoir trahi notre enfant" témoigne Cécile Crouspeyre de Baigorri, mère d’un enfant de 12 ans, entré en 6e cette rentrée et qui souffre de dyspraxie [altération de la capacité à exécuter de manière automatique tel ou tel mouvement]. Elle lui avait promis un accompagnement spécifique, comme celui reconnu en juillet par La Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées (CDA), et vécu comme une "victoire" par la famille. Las, depuis la rentrée, l’enfant ne bénéficie pas de cet encadrement particulier. La scolarisation de l’enfant tient sur la bonne volonté des enseignants qui se démènent pour sa prise en charge. "On ne demande pas de moyens supplémentaires, juste la compensation de ce que la vie ne lui a pas donné."

Même demande pour Violaine Domergue dont l’enfant de 7 ans, atteint de la myopathie de Duchêne, scolarisé à l’ikastola de Biarritz se retrouve sans l’Auxiliaire de vie scolaire octroyé par la CDA en avril dernier. "Je m’inquiète" déclare V. Domergue qui fait part également de sa colère sur le fait qu’il faille, encore et toujours, se mobiliser, protester, réclamer des moyens qui, estime-t-elle, devraient être de droit.


Source : http://lejournal.euskalherria.com

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