A Nantes, malgré les efforts des pouvoirs publics ces dernières années, de nombreuses personnes attendent un logement adapté à leur handicap.
En 2005, naissait la loi dite « handicap », pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
Si des avancées notables ont été enregistrées ces dernières années, la ville de Nantes souffre toujours d'un manque de logements adaptés. C'est un fait sur lequel il est difficile de mettre un chiffre. Qu'il s'agisse des institutions ou des associations, personne n'est en mesure de quantifier réellement la demande.
Des chiffres inférieursà la réalité
61. C'est le nombre de demandes enregistrées à Nantes, concernant des logements sociaux adaptés. Un chiffre vraisemblablement en dessous de la réalité. « On a du mal à savoir combien de personnes sont en attente », reconnaît Catherine Choquet, ajointe au maire, déléguée à la Santé et aux personnes handicapées. Ce nombre ne prend pas en compte les personnes qui n'ont pas fait de demandes auprès des services municipaux ou des bailleurs sociaux.
« Il n'existe pas d'outil statistique permettant de quantifier la pénurie de logements », déplore Grégoire Charmois, directeur de la section départementale de l'APF (Association des paralysés de France). D'après lui, cela empêche la « mise en adéquation entre l'offre et la demande ».
« Adapter aussi l'environnement »
Du côté de Nantes-Habitat, principal bailleur social de la ville, on explique qu'il n'est pas possible de répondre, dans l'immédiat, à toutes les demandes. Premier élément avancé, « depuis plusieurs années, nous avons entrepris la rénovation de notre parc HLM. En terme d'accessibilité, il nous faut à chaque fois adapter, non seulement l'immeuble et les logements en question, mais aussi l'environnement ». Ceci implique donc des travaux de voirie pour rabaisser les trottoirs, construire des rampes d'accès... C'est long. Et il est impossible pour le bailleur social de renouveler l'ensemble de son parc d'une seule traite.
D'autre part, le fait qu'il n'existe pas de logement adapté « standard » est également à prendre en compte. À chaque personne, son handicap ; et à chaque handicap, les adaptations qui vont avec.
« Réduire les délais d'attente »
Mais la volonté semble être là. « Nous souhaitons réduire les délais d'attente pour un logement de 2-3 ans actuellement, à 6 mois, 1 an maximum », commente Catherine Choquet, tout en rappelant que l'augmentation des demandes est positive : « Cela démontre qu'il y a des améliorations au regard de la prise en charge du handicap ».
De nettes améliorations en matière d'accessibilité au logement ont été faites. Il est nécessaire de poursuivre dans cette voie, et même d'accélérer. C'est une question qui, avec le vieillissement de la population, va s'imposer d'elle-même et ce, dans un futur très proche.
Antoine Garnier
Presse-Océan
Source :
http://www.nantes.maville.com/Personnes-handicapees-pas-assez-de-logements-adaptes-a-Nantes-/re/actudet/actu_loc-526430-----_actu.html